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Muscler l'économie, quelle blague !! | 27 août 2008

  Lorsque j'ai demandé son avis à un de mes collègues sur la loi touchant les cadres et la gestion des 35h, il m'a répondu, si cela peut permettre de léguer à mes enfants une situation budgétaire et financière nationale plus saine, alors je m'y résigne.
Les médias et la pensée dominante représentent une arme redoutable. Une arme qui permet l'amalgame et surtout sert de justification improbable à de sérieux reculs sociaux. Nous répéter qu'il faut être raisonnable, que nos acquis sociaux sont in finançables, que nous vivons déjà très bien et qu'il est tant de faire des efforts pour garantir aux futures générations un avenir acceptable. Comment accepter cette hypocrisie ? Si seulement cette mesure pouvait permettre de relancer la croissance, réduire le déficit budgétaire ou même améliorer la vie... 


Mon engagement socialiste prend naissance dans l'absolue conviction que c'est en réduisant les inégalités entre les individus que l'on construit la société de demain pour les futures générations. Cette loi permettra sous couvert d'accord d'entreprise de déroger aux règles actuelles sur les 35h. Outre le réel recul social que représente cette loi, que quelques jours plus tard les statistiques de l'insee sur le temps de travail, rendaient ridicule, elle va exacerber la concurrence entre les salariés. Les négociations vont être menés au cas par cas. Nous avons tous en mémoire les exemples de Bosch, Peugeot Motocycles, Goodyear, et le chantage à la délocalisation. Cette loi, le rend légal...


 Lors que j'entends notre cher premier ministre parler de muscler l'économie cela me fait doucement sourire. Une politique de relance ? Diable quel gros mot !! Alors quoi ? Bein rien de concret, jusqu'à l'annonce du PIB du prochain trimestre qui s'il est négatif s'accompagnera des mots qui fâchent « récessions », « mesures de relance »... Et là peut être que le capitaine du navire français reconnaîtra qu'il faut mettre de l'essence dans le moteur pour avancer.
      

Publié par praphaelle à 21:47:26 dans Politique | Commentaires (1) |

Auraient- ils gagné le combat idéologique? | 18 août 2008

Le combat pour l'égalité est obsolète, archaïque, la défense du self made man par contre est prisée. La compétition, on y baigne tout petit, à l'école déjà entre bon et mauvais point, on qualifie très « objectivement » les progrès de l'enfant, la société sanctionne l'évolution, le déterminisme s'immisce insidieusement à tout âge dans l'apprentissage. Il est ensuite très dur de s'extraire et de penser à la société avec hauteur. Chacun accepte donc sa place de premier, de demi de mêlé ou de bon dernier.

Pour ma part, j'ai bien connu cette rivalité, ah oui, j'oubliais, c'est l'émulation, la compétitivité pousse au progrès, chacun le sait, faire en sorte que l'autre se plante, qu'il flotte permet de sortir son épingle du jeu. Jouer avec les faiblesses de ceux qui ne rentrent pas dans le moule. S'amuser de dominer une situation que l'autre craint. Quelle émulation !! Pourquoi cette résignation ? L'idéologie individualiste a pris le dessus. Il devient inconcevable de croire au collectif, impossible d'imaginer qu'on peut gagner des victoires en travaillant ensemble, en ne laissant personne sur le bord de la route. Les accidents de la vie ne sont pas réservés à certaines personnes mais malheureusement tout le monde n'a pas les mêmes armes pour les surmonter. L'émulation tant adorée, nous entraîne vers les abysses de l'indifférence. Ce n'est pas dans cette société que je souhaite vivre même si malheureusement, et je ne m'en dédouane pas, je suis confrontée très largement à cette concurrence et sincèrement elle crée plus malaise et doute en moi que plaisir et dépassement. La concurrence on la vit particulièrement dans le milieu bancaire, on constate actuellement ses ravages et pourtant on trouve encore pléthore de médias cherchant à expliquer les voltes faces idéologiques pour rétablir les gros problèmes que pose la crise actuelle. Au lieu de se demander simplement si ce n'est pas notre conception de la société et ses dévoiements qui en sont à l'origine.

Cette question est posée à tout à chacun, ne laissons pas la pensée commune orienter notre désir de société, soyons plus fort pour construire le collectif.
 

Publié par praphaelle à 22:35:54 dans Politique | Commentaires (3) |

Crise financière internationale ou la remise en cause de la dérégulation financière (2) | 07 juin 2008

...suite

 

Comment en sommes nous arrivés là ? Pour comprendre nous allons remonter à ce que sont les subprime.

Les « subprime », sont des crédits immobiliers accordés moyennant une sur-prime. Si nous restons dans notre logique de gestion du risque pour la banque, la prise de risque de la banque doit être rémunéré par un prix de l'argent plus important, soit une prime. Ces crédits moyennant un sur-prime sont souscris par des ménages américains, dans des situations de solvabilité aléatoire. Il faut savoir que la croissance économique américaine est basée essentiellement sur la consommation, et particulièrement la consommation à crédit. Le taux d'épargne y est négatif, ce qui signifie que les ménages américains consomment plus qu'ils n'épargnent. Ce qui déséquilibre également le schéma évoqué ci-dessus.

Le concept de recharge hypothécaire, cher à notre président de la république, qui bizarrement depuis 8 mois ne nous en parle plus, consiste à pouvoir emprunté à hauteur de la valeur d'un bien hypothéqué. La bulle immobilière américaine a cru entraînant une augmentation annuelle des prix de l'immobilier.


Aux états unis, les prêts à taux fixe n'existent pas, le taux variable est la norme avec une renégociation des taux deux ans ou cinq ans après la souscription. Le principe du taux variable est simple, il est assis sur un taux de marché, taux de marché, c'est-à-dire taux déterminé par la rencontre de l'offre et la demande d'argent sur le marché interbancaire. Ce taux est directement influencé par les taux directeur de la FED (banque centrale américaine).

En effet, le taux de refinancement de la FED sert d'indicateur pour le marché de gré à gré entre les banques. C'est un instrument de sa politique monétaire. Les banques centrales (européenne ou américaine) ont comme prérogative de limiter l'inflation. Elles ont donc comme objectif de préserver l'équilibre entre l'offre et de la demande de monnaie. Pour se faire, elles jouent sur les taux directeur. Schématiquement lorsqu'elles prévoient de l'inflation, elles augmentent les taux directeur pour réduire la masse monétaire et ainsi limiter l'inflation. Des lors mécaniquement, l'indexe des taux variable augmentent, et les remboursements des engagements des ménages en réaction. C'est le premier déclencheur de la crise, les ménages dont la solvabilité était déjà fragile, ont du faire face à des échéances plus élevés, qu'ils n'ont pu honoré. Si le nombre de ménage avait été limité et surtout si la défaillance de ces ménages n'avait pas remis en cause la stabilité des prix de l'immobilier, les conséquences auraient été moins désastreuses.

L'idée à retenir c'est que tout est très bien imbriqué, la défaillance nombreuse des ménages américains à déséquilibrer l'offre et la demande d'immobilier, en effet, les nombreuses défaillances ont été autant d'offre de bien immobilier sur le marché revendu par les organismes de crédit pour rembourser les impayés. Une offre supérieure à une demande conduit au dégringolade des prix, les organismes de crédits ne sont donc pas remboursés, ils subissent des pertes sèches, nombreux ne feront pas face et déposeront le bilan.

Il faut savoir que la bulle immobilière conjugué à des taux d'intérêt et des possibilités de franchises de capital de deux ans, ont poussé les ménages peu solvables à faire des investissements spéculatifs. En effet, la revente dans les deux ans avant la première échéance de capital pouvait leur permettre, dans le cadre de la hausse constante et importante du marché de l'immobilier, d'empocher une plus value intéressante. Ce système a amplifié le phénomène.  

Publié par praphaelle à 21:21:26 dans Economie | Commentaires (1) |

Négociations collectives ou rapt individuel | 06 juin 2008

 

J'exerce, depuis peu, des responsabilités syndicales. Elue déléguée du personnel et membre titulaire du comité d'entreprise, au sein d'une banque de 1800 salariés, mon mandat débute dans un contexte relativement serein. L'entente syndicale a conduit à un mouvement de grève unifié au sein du groupe des banques fédérales des banques populaires.

Ce mouvement a pris naissance dans le contexte d'une insatisfaction sur les négociations salariales de groupe. Et pour cause, qui peut réellement encore penser que ces négociations pèsent sur l'augmentation globale des salaires ! Eh oui, faut-il rappeler que les négociations individuelles, il n'y a que ça de vrai. Ainsi, sous couvert d'une complète objectivité, d'une volonté d'équité, les dents longues raillent les bas de pages des bulletins de salaire. L'individualisme de notre système tue toute réalité des négociations de groupe.

La compétition qu'on nous vente comme si bénéfique pour manager nos unités de production, fait rage. La mutualisation des équipes autour d'un objectif commun est un doux rêve, pourquoi se battre pour une équipe alors qu'on grimpe les échelons bien plus rapidement en vantant son individualité. La logique d'Adam Smith et sa main invisible ont encore de beau jour, en ces temps de promotion du développement durable, j'engage mes camarades syndicalistes à continuer le combat et celui-ci ne peut se faire qu'en renversant l'idéologie. Et oui cette idéologie que les plus vulnérables ou les moins bon négociateurs pensent immuable alors qu'unis on peut changer ça. 

 

Publié par praphaelle à 20:57:18 dans Syndicat | Commentaires (0) |

Crise financière internationale ou la remise en cause de la dérégulation financière | 07 avril 2008

Depuis octobre 2006, je prends des cours à la maison de la finance, le maître mot de cette formation a été la révolution pour le monde bancaire de bâle II, cette révolution tant attendue est arrivée au moment où la crise des subprimes secoue la sphère financière

Balle II s'appuie sur 3 piliers ayant pour but de prendre en compte de façon plus légitime les risques qui pèsent sur une banque.

Pour comprendre il faut rappeler le rôle essentiel d'intermédiaire que constitue la banque. En effet, elle est chargée de faire le lien entre l'épargnant et l'investisseur, à noter que les durées de placement et d'investissement ne coïncide pas. Le rôle de la banque est donc essentiel dans le système économique, elle en est un des acteurs prépondérants, de sa stabilité dépend la stabilité de l'économie. Il faut savoir qu'une banque qui prête l'argent des épargnant doit jongler entre les retraits des clients et l'argent débloquer pour les investisseurs.

Ainsi, la défaillance des banques est un risque légitime de toute économie, imaginez vous une banque en crise de liquidité, c'est-à-dire n'ayant plus les moyens de délivrer de l'argent au client qui viendraient retirer au guichet, l'information se répandrait très vite et tous les clients de cette banque par peur de perdre leurs avoirs demanderaient à être rembourser immédiatement, ce qui aggraverait encore le problème de liquidité. Cette perte de confiance toucherait d'autres banques dont les clients retireraient massivement leurs avoirs et les dominos tomberaient les un après le autre, entraînant la rupture du système bancaire, c'est ce qu'on nomme le risque systémique, c'est-à-dire touchant l'ensemble du système et par la même très directement l'économie. L'argentine a connu une crise similaire, à l'origine d'une grave crise économique qui a touché durement les argentins. 

Ce risque systémique tant redouté demande à être parfaitement maîtrisé. La crise de liquidité peut avoir plusieurs origines,

D'abord la banque peut avoir prêté à des investisseurs qui ne pourront rembourser, si ce taux de défaillance reste marginal il n'entamera pas la capacité de la banque à rembourser l'épargne des ménage, si au contraire les entreprises dans l'incapacité de rembourser leur prêt  est élevé en nombre et en montant, le risque de liquidité apparaît.

Ensuite la banque qui a des besoins de liquidité notamment parce qu'elle prête plus qu'elle n'a de ressource en épargne, devra se refinancer sur le marché interbancaire. En effet, les banques se prêtent au jour le jour, les liquidités jouent les vases communicant entre les établissements ressourciers et ceux emprunteurs, la banque centrale européenne peut également intervenir en dernier ressort. Les banques se prêtent moyennant un taux de marché. La banque évalue les risques de son crédit, c'est-à-dire la capacité de la banque emprunteuse à rembourser son prêt. Et c'est ce dernier point qui va nous intéresser tout particulièrement. En effet, l'été dernier, consécutivement à la crise des subprimes ayant touchée toutes les banques, une crise de confiance s'est installée, aucun acteur ne connaissant l'impact objective des pertes des banques, liées au subprime. L'espace de quelques jours, les grandes banques françaises entre elles ne se prêtaient plus. L'histoire veut que cette confiance soit rapidement revenue, notamment sous l'impulsion de la BCE (Banque Centrale Européenne), ce qui n'a pas été le cas en Angleterre et notamment pour une banque spécialisée dans le crédit immobilier, la Northem Rock et le paradoxe idéologique vient d'être franchi puisque cette banque vient récemment d'être nationalisé...

A suivre

 

Publié par praphaelle à 13:23:43 dans Economie | Commentaires (0) |

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