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Crise financière internationale ou la remise en cause de la dérégulation financière (2) | 07 juin 2008

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Comment en sommes nous arrivés là ? Pour comprendre nous allons remonter à ce que sont les subprime.

Les « subprime », sont des crédits immobiliers accordés moyennant une sur-prime. Si nous restons dans notre logique de gestion du risque pour la banque, la prise de risque de la banque doit être rémunéré par un prix de l'argent plus important, soit une prime. Ces crédits moyennant un sur-prime sont souscris par des ménages américains, dans des situations de solvabilité aléatoire. Il faut savoir que la croissance économique américaine est basée essentiellement sur la consommation, et particulièrement la consommation à crédit. Le taux d'épargne y est négatif, ce qui signifie que les ménages américains consomment plus qu'ils n'épargnent. Ce qui déséquilibre également le schéma évoqué ci-dessus.

Le concept de recharge hypothécaire, cher à notre président de la république, qui bizarrement depuis 8 mois ne nous en parle plus, consiste à pouvoir emprunté à hauteur de la valeur d'un bien hypothéqué. La bulle immobilière américaine a cru entraînant une augmentation annuelle des prix de l'immobilier.


Aux états unis, les prêts à taux fixe n'existent pas, le taux variable est la norme avec une renégociation des taux deux ans ou cinq ans après la souscription. Le principe du taux variable est simple, il est assis sur un taux de marché, taux de marché, c'est-à-dire taux déterminé par la rencontre de l'offre et la demande d'argent sur le marché interbancaire. Ce taux est directement influencé par les taux directeur de la FED (banque centrale américaine).

En effet, le taux de refinancement de la FED sert d'indicateur pour le marché de gré à gré entre les banques. C'est un instrument de sa politique monétaire. Les banques centrales (européenne ou américaine) ont comme prérogative de limiter l'inflation. Elles ont donc comme objectif de préserver l'équilibre entre l'offre et de la demande de monnaie. Pour se faire, elles jouent sur les taux directeur. Schématiquement lorsqu'elles prévoient de l'inflation, elles augmentent les taux directeur pour réduire la masse monétaire et ainsi limiter l'inflation. Des lors mécaniquement, l'indexe des taux variable augmentent, et les remboursements des engagements des ménages en réaction. C'est le premier déclencheur de la crise, les ménages dont la solvabilité était déjà fragile, ont du faire face à des échéances plus élevés, qu'ils n'ont pu honoré. Si le nombre de ménage avait été limité et surtout si la défaillance de ces ménages n'avait pas remis en cause la stabilité des prix de l'immobilier, les conséquences auraient été moins désastreuses.

L'idée à retenir c'est que tout est très bien imbriqué, la défaillance nombreuse des ménages américains à déséquilibrer l'offre et la demande d'immobilier, en effet, les nombreuses défaillances ont été autant d'offre de bien immobilier sur le marché revendu par les organismes de crédit pour rembourser les impayés. Une offre supérieure à une demande conduit au dégringolade des prix, les organismes de crédits ne sont donc pas remboursés, ils subissent des pertes sèches, nombreux ne feront pas face et déposeront le bilan.

Il faut savoir que la bulle immobilière conjugué à des taux d'intérêt et des possibilités de franchises de capital de deux ans, ont poussé les ménages peu solvables à faire des investissements spéculatifs. En effet, la revente dans les deux ans avant la première échéance de capital pouvait leur permettre, dans le cadre de la hausse constante et importante du marché de l'immobilier, d'empocher une plus value intéressante. Ce système a amplifié le phénomène.  

Publié par praphaelle à 21:21:26 dans Economie | Commentaires (1) |

Négociations collectives ou rapt individuel | 06 juin 2008

 

J'exerce, depuis peu, des responsabilités syndicales. Elue déléguée du personnel et membre titulaire du comité d'entreprise, au sein d'une banque de 1800 salariés, mon mandat débute dans un contexte relativement serein. L'entente syndicale a conduit à un mouvement de grève unifié au sein du groupe des banques fédérales des banques populaires.

Ce mouvement a pris naissance dans le contexte d'une insatisfaction sur les négociations salariales de groupe. Et pour cause, qui peut réellement encore penser que ces négociations pèsent sur l'augmentation globale des salaires ! Eh oui, faut-il rappeler que les négociations individuelles, il n'y a que ça de vrai. Ainsi, sous couvert d'une complète objectivité, d'une volonté d'équité, les dents longues raillent les bas de pages des bulletins de salaire. L'individualisme de notre système tue toute réalité des négociations de groupe.

La compétition qu'on nous vente comme si bénéfique pour manager nos unités de production, fait rage. La mutualisation des équipes autour d'un objectif commun est un doux rêve, pourquoi se battre pour une équipe alors qu'on grimpe les échelons bien plus rapidement en vantant son individualité. La logique d'Adam Smith et sa main invisible ont encore de beau jour, en ces temps de promotion du développement durable, j'engage mes camarades syndicalistes à continuer le combat et celui-ci ne peut se faire qu'en renversant l'idéologie. Et oui cette idéologie que les plus vulnérables ou les moins bon négociateurs pensent immuable alors qu'unis on peut changer ça. 

 

Publié par praphaelle à 20:57:18 dans Syndicat | Commentaires (0) |

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